Nous Trois

Nous Trois
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Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami, c'est de lui faire voir les siens.

[François de La Rochefoucauld]



A y réfléchir...



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# Posté le mardi 19 février 2008 08:42

Adélia, Audrey et moi

Réflexion sur l'amitié:
La terre s'use, l'amitié des âmes, jamais. Quand on s'aime d'amitié, on voudrait pourtant que nos corps ne vieillissent point parce qu'on sait que la séparation approche de jour en jour.

[Jean-Michel Wyl] [+]
Adélia, Audrey et moi

# Posté le mardi 19 février 2008 08:39

Audrey Adélia et moi

Audrey Adélia et moi
Jeunesse. L'âge du possible
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# Posté le mardi 19 février 2008 08:35

Les Hauts de Hurle-Vent - Emily Brontë

Les Hauts de Hurle-Vent - Emily Brontë
...Cette fois, je me souvenais que j'étais couché dans le cabinet de chêne et j'entendais distinctement les rafales de vent et la neige qui fouettait. J'entendais aussi le bruit agaçant et persistant de la branche de sapin, et je l'attribuais à sa véritable cause. Mais ce bruit m'exaspérait tellement que je résolus de le faire cesser, s'il y avait moyen ; et je m'imaginais que me levais et que j'essayer d'ouvrir la croisée. La poignée était soudée dans la gâche : particularité que j'avais observée étant éveillée, mais que j'avais oubliée. « Il faut pourtant que je l'arrête ! » murmurai-je. J'enfonçais le poing à travers la vitre et allongeai le bras en dehors pour saisir la branche importune ; mais, au lieu de la trouver, mes doigts se refermèrent sur les doigts d'une petite main froide comme la glace ! L'intense horreur du cauchemar l'envahit : j'essayais de retirer mon bras, mais la main s'y accrochait et une voix d'une mélancolie infinie sanglotait : « Laissez moi entrer ! Laissez-moi entrer »
- « qui êtes-vous ? » demandai-je tout en continuant de lutter pour me dégager
- « Catherine Linton », répondit la voix en tremblant (pourquoi pensai-je à Linton ? J'avais lu Earnshaw vingt fois pour Linton une seule fois)- « Me voilà revenue à la maison : je m'étais perdue dans la lande ! » La voix parlait encore, quand je distinguais vaguement une figure d'enfant qui regardait à travers la fenêtre. La terreur me rendit cruel. Voyant qu'il était inutile de me dégager de son étreinte, j'attirai son poignet sur la vitre brisée et le frottai dessus jusqu'à ce que le sang coulât et inondât les draps du lit. La voix gémissait toujours : « laissez-moi entrer ! » et l'étreinte obstinée ne se relâchait pas, me rendant presque fou de terreur. « Comment le puis-je ? dis-je enfin ; lâchez-moi si vous voulez que je vous fasse entrer ! » Les doigts de desserrèrent, je retirai vivement les miens hors du trou, j'entassais en hâte les livres en pyramide pour me défendre, et je me bouchai les oreilles pour ne plus entendre la lamentable prière.

[...]

« Mais sortez ! Je viens dans deux minutes. »

J'ai obéis, du moins à l'ordre de quitter la chambre, puis, ne sachant où me conduisait l'étroit corridor, je me suis arrêté, et mon propriétaire m'a rendu témoin involontaire d'une scène de superstition qui démentait étrangement son bon sens apparent. Il s'est approché du lit, a ouvert la fenêtre en la forçant et, pendant qu'il tirait dessus, a été pris d'une crise de larmes qu'il n'a pu maîtriser.
« Viens, viens ! sanglotait-il. Cathy, mon cœur ! écoute-moi cette fois-ci enfin Catherine !» Le spectre a témoigné de l'ordinaire caprice des spectres : il n'a donné aucun signe d'existence. Mais la neige et le vent ont pénétré en tourbillons furieux, parvenant même jusqu'à moi et étreignant ma lumière.

Il y avait une telle angoisse dans l'explosion de douleur qui accompagnait ce délire que la compassion m'a fait oublier sa folie. Je me suis éloigné, à moitié fâché d'avoir écouté, si peu que ce fût, et regrettant d'avoir raconté mon ridicule cauchemar, qui avait déterminé cette crise, bien que je ne pusse comprendre pourquoi.



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# Posté le mercredi 20 juin 2007 16:52

Modifié le mercredi 20 juin 2007 17:27

Haute Couture

Il vide sa tête de toutes pensées quelque quelles soient afin que le mélange narcoleptique qu'il a si délicatement bu pénètre sa chair, ses envies, ses idées... Afin que vienne l'inspiration, la foi.
Il incline sa tête de côté afin que se déverse hors de lui ses pensées parasitaires. Il espère vainement qu'un liquide visqueux coule de son oreille.
Il porte à ses lèvres un mélange vert et absorbe un peu de ce Laudanum onirique.


De ses longues et fines mains, il étend le délicat tissu qui à la fin de la journée sera un chef d'œuvre. Il le découpe soigneusement, plonge ses mains dans la douce chaleur de la matière. De son cutter finement aiguisé, il découpe ce qu'il juge de trop. Avec des pinces, il bloque son travail de manière à ce que la forme désirée ne s'évanouisse pas dans l'air. Une fois l'œuvre terminée, il tend ce tissu laiteux et parsemé de tâches brunes. Rapproche les extrémités qui au début de la journée avaient été soigneusement éloignées l'une de l'autre pour que l'artiste puisse opérer. D'une aiguille parfaitement équilibrée et d'un fil bleuté, il coût l'étoffe charnelle et l'agrafe pour laisser sur son chef d'œuvre, son emprunte. Un artiste, un maître artisan signe toujours son ouvrage.
Avant de quitter cette salle aux néons douteux, il caresse une dernière fois la peau frémissante de cette frêle jeune fille, allongée sur la table d'opération.
Cette haute couture chirurgicale, décidément, le fascinera toujours.

Nul.Mais quand l'inspiration n'est pas là, on ne peut pas la forcer -__-
Haute Couture

# Posté le mercredi 30 mai 2007 15:03