Il vide sa tête de toutes pensées quelque quelles soient afin que le mélange narcoleptique qu'il a si délicatement bu pénètre sa chair, ses envies, ses idées... Afin que vienne l'inspiration, la foi.
Il incline sa tête de côté afin que se déverse hors de lui ses pensées parasitaires. Il espère vainement qu'un liquide visqueux coule de son oreille.
Il porte à ses lèvres un mélange vert et absorbe un peu de ce Laudanum onirique.
De ses longues et fines mains, il étend le délicat tissu qui à la fin de la journée sera un chef d'œuvre. Il le découpe soigneusement, plonge ses mains dans la douce chaleur de la matière. De son cutter finement aiguisé, il découpe ce qu'il juge de trop. Avec des pinces, il bloque son travail de manière à ce que la forme désirée ne s'évanouisse pas dans l'air. Une fois l'œuvre terminée, il tend ce tissu laiteux et parsemé de tâches brunes. Rapproche les extrémités qui au début de la journée avaient été soigneusement éloignées l'une de l'autre pour que l'artiste puisse opérer. D'une aiguille parfaitement équilibrée et d'un fil bleuté, il coût l'étoffe charnelle et l'agrafe pour laisser sur son chef d'œuvre, son emprunte. Un artiste, un maître artisan signe toujours son ouvrage.
Avant de quitter cette salle aux néons douteux, il caresse une dernière fois la peau frémissante de cette frêle jeune fille, allongée sur la table d'opération.
Cette haute couture chirurgicale, décidément, le fascinera toujours.
Nul.Mais quand l'inspiration n'est pas là, on ne peut pas la forcer -__-